Renaud Noyelle L'interview

Nouveau venu sur la scène SUP française l’an dernier, Renaud Noyelle n’a pas fait que de la figuration s’illustrant rapidement sur les principales épreuves de race nationales et même européennes… 37 ans et instituteur dans le civil, le garçon ne partait pourtant pas avec un avantage lui qui s’entraîne une bonne partie de l’année sur les canaux de Picardie ! Rencontre avec un SUPer d’eau douce dont on devrait entendre parler en 2011 !

SUPJournal.com : Quand et comment as-tu découvert la pratique du SUP ?
Renaud Noyelle : J'ai découvert le SUP il y a 3 ans en 2008. C'était pendant les vacances de la Toussaint au Pays Basque en voyant Peyo Lizarazu sur son home spot qui déchirait déjà. J'étais à l'époque un "allongé" du surf. J'ai acheté quelques mois plus tard une board à Biarritz et ai commencé sur une 9'11’’. Je me souviens de ma première session à Cenitz, à prendre des vagues de 50 cm à genoux. Je voyais Xabi Laffite , ça avait l'air si facile pour lui... J'ai pratiqué assidûment le windsurf et le surf. Mon sentiment a toujours été le même, ce sont deux sports fantastiques mais la frustration était trop grande en windsurf de ne pouvoir naviguer souvent et de devoir attendre les conditions, tout cela associé à trop de matos à prévoir et à transporter. Pour le surf, étant un homme du nord et qui plus est, habitant à 1h30 des spots de vagues  comme Wissant et Wimereux, je devais me contenter de mes trips surf pendant les vacances au Pays basque, aux Canaries ou aux Antilles... Le SUP m'a tout de suite plu, moins de matos, la dimension physique au premier plan et surtout la possibilité de surfer des vagues insurfables chez moi sans pagaie. Vagues, flat, vent, le SUP c'est tout le temps et partout, c'est ce que j'aime.

 

SUPJ : Tu t'es rapidement imposé parmi les meilleurs français en race, qu'est-ce qui t'attire en particulier dans cette discipline ?
RN : Même si j'adore et je privilégie la pratique dans les vagues, je ne peux pas pour l'instant m'entraîner quotidiennement dans cette discipline. Au début, ma philosophie était, puisque je ne peux pas surfer tous les jours, il faut que je sois au top physiquement  pour optimiser les sessions pendant mes trips afin de faire progresser ma technique. J'ai donc ramé au début en eau douce associé en 2010 à beaucoup de préparation physique spécifique à terre. Je me suis pris au jeu et ai effectué près de 1000 km à la rame en un an ! Ce qui m'attire en race, c'est bien entendu le physique, la science de l'entraînement, le dépassement de soi et la grande technicité des courses. Pour s'en convaincre, il suffit de suivre un Bruno André en course ou un Eric Terrien qui lisent parfaitement les plans d'eau et adoptent des stratégies en fonction. A l'eau, les racers sont des guerriers qui ne lâchent rien. Hors compètes, un bon esprit règne et c'est avec plaisir que l'on se retrouve à chaque fois.

 

SUPJ : Comme d'autres, tu es attachée visiblement à pratiquer en 12'6'' dans la multiplication des gammes, c'est une question de principe, c'est le support que tu préfères ?
RN : Comme je l'ai dit, la race n'était pas ma priorité. D'ailleurs lorsque j'ai fait le grand saut pour acheter une board de race, j'ai comme beaucoup posé des questions aux fabricants. Lorsque je disais que je m'entraînais exclusivement en eau douce beaucoup ne me prenaient pas au sérieux. Bruno André et Thierry Pen de Nah Skwell sont les seuls à m'avoir proposé des réponses valables. Bruno est désormais un ami et ses conseils sont précieux dans ma progression. La 12'6’’ est pour moi le support qui peut faire vivre la race. D'autres se sont sabordés en multipliant les supports. Je ne suis pas un adepte de la course au matos. Se déplacer en compétition avec une planche supérieure à 12'6 n'est pas chose aisée, le transport, l’hôtel, le stockage... Pour moi, la race doit rester quelque chose de simple. Un homme, une board, une pagaie... Multiplier les supports, c'est risquer de perdre en crédibilité auprès des pratiquants. La 12'6’’ est la plus accessible au niveau prix . C'est celle qui peut amener un maximum de compétiteurs et de fait  nous gratifier des plus belles courses. BOP, flat water, downwind, la 12'6’’ passe partout. Certains diront que le poids est handicapant pour la 12'6’’, je fais 85 kg pour 1,78 mètre et ne partage pas cet avis.

 

SUPJ : Quelles sont selon toi aujourd'hui les qualités requises pour être un bon racer en SUP ?
RN : Un bon racer est un athlète qui est à la fois endurant et puissant. Il doit aussi être capable de faire des choix stratégiques en course rapides donc avoir au préalable une bonne expérience du milieu marin. Les coureurs du top 10 français sont plus ou moins  sur ce schéma. Il n'y a pas de morphologie type du racer, petit, grand, tout le monde a une carte à jouer. Et l'entraînement est fondamental. Pour ma part, en 2010 j'ai commencé la saison à 83 kg pour terminer à 77 kg !!! La saison est dure et éprouvante. Bien choisir ses courses et gérer ses récupérations est  primordial et sera le principal axe de ma saison 2011.

 

SUPJ : Tu as participé à des épreuves comme la Jever SUP Cup à Hambourg, la Traversée de Paris en France, que penses-tu de ces épreuves qui investissent les grandes villes européennes ?
RN : Venant du SUP d'eau douce et revendiquant cette spécificité, je pense que beaucoup d'épreuves en eau douce vont tirer leur épingle du jeu et amener beaucoup de monde à l'eau et en dehors. Pour moi, le développement du SUP en eau douce va exploser quoiqu'en disent les salt watermen !!! C'est une très bonne chose. Des compétiteurs performants, inconnus jusqu'alors risquent d'apparaître cette année et marquer le SUP de leur empreinte. En mer c'est une autre histoire, cela reste l'apanage de vrais spécialistes. J'ai pu participer à la Jever SUP Cup en Allemagne, c'est réellement une épreuve de coupe du monde, une logistique incroyable en Europe avec une ambiance de folie ! J'ai eu la chance aussi de participer à la Traversée de Paris et cela reste une très belle épreuve, même si sur la seine je n'ai qu'entre-aperçu Notre Dame et suis passé à côté de la tour Eiffel sans la voir !!! Les organisateurs ont manqué de chance dans le bon déroulement de l'épreuve. Je leur souhaite de réitérer avec succès cette course en 2011 afin que le SUP soit à la fête à Paris pour tout le monde. Avis aux racers ! Les 14 et 15 mai va y avoir du sport au Trophée Nah Skwell trophée, j'ai hâte de sortir de mon hibernentraînement !!!

 
 


source : www.supjournal.com

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